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Depuis 1996, les communautés namibiennes peuvent créer une conservancy et tirer elles-mêmes un revenu de la faune. Elles couvrent aujourd'hui un cinquième du pays. Revenus, rhinocéros, lions et séjour.
Peu après l'indépendance, en 1990, le ministère alors chargé de la faune et plusieurs ONG sont allés dans les zones rurales avec une question simple : que veulent les habitants des terres communales ? La réponse était claire. Ils voulaient les mêmes droits que les fermiers propriétaires, qui pouvaient chasser le gibier et créer des activités touristiques sur leurs terres.
En 1996, l'ordonnance sur la conservation de la nature de 1975 a été amendée. Cette réforme a donné aux communautés des droits sur les ressources naturelles de leurs terres, faune comprise, ainsi que le droit d'y développer le tourisme. Ces droits s'exercent au sein des communal conservancies, des territoires de conservation communautaires. Les quatre premières ont été enregistrées en 1998 : Nyae Nyae, Torra, Salambala et ≠Khoadi-//Hôas. Fin 2023, on en comptait 86, couvrant plus de 166 000 kilomètres carrés, soit 20,2 % de la Namibie, avec environ 244 600 habitants.
Cela s'inscrit dans un pays dont la Constitution de 1990 charge l'État de préserver les écosystèmes et la diversité biologique, et d'utiliser les ressources naturelles vivantes de manière durable, au bénéfice de tous les Namibiens, présents et futurs.
Une conservancy n'est pas un parc clôturé. C'est une organisation autonome des personnes qui vivent sur un territoire, reconnue par le ministère de l'Environnement, des Forêts et du Tourisme. Chacune a ses propres statuts et élit un comité de gestion. Les habitants continuent d'y vivre et d'y élever leur bétail.
Pour rester en règle, une conservancy doit respecter plusieurs exigences : tenir une assemblée générale annuelle, répartir les bénéfices selon un plan de distribution, rendre compte selon un plan de gestion et d'utilisation de la faune, et présenter des rapports financiers annuels. En 2023, 767 gardes-faune travaillaient dans les conservancies, et 54 d'entre elles organisaient un comptage annuel du gibier. Les femmes occupent 35 % des sièges des comités de gestion et 47 % des postes de trésorière ou de responsable financière, mais seulement 12 % des présidences.
Tout ne se passe pas sans heurts. Le rapport annuel 2023 décrit des conservancies où les élections n'ont pas eu lieu, où des fonds n'ont pas été justifiés, ou dont des membres ont porté plainte. Que ces problèmes soient rapportés ouvertement fait aussi partie du modèle.
La première source est le tourisme. Les conservancies concluent des coentreprises avec des lodges : une société privée construit et exploite le lodge, la conservancy perçoit une redevance, et les habitants trouvent un emploi. En 2023, il existait 74 accords de ce type, employant ensemble 934 personnes à temps plein. Le tourisme a représenté cette année-là environ deux tiers de l'ensemble des revenus et avantages des conservancies.
La deuxième source est la chasse. On comptait 57 concessions de chasse, et les habitants ont reçu en 2023 plus de 90 000 kilos de viande de gibier. S'y ajoutent des revenus plus modestes tirés de l'artisanat et des produits végétaux. Dans le nord-ouest, par exemple, une fiducie de cinq conservancies transforme la résine de plantes indigènes en huiles essentielles. Au total, la conservation communautaire a permis 2 340 emplois en 2023, dont 1 057 directement dans les conservancies.
Doro !nawas, dans la région de Kunene, montre à quoi cela ressemble sur le terrain. La conservancy a été reconnue en 1999 et compte environ 1 500 habitants, en majorité damaras, qui vivent surtout du petit bétail. Elle accueille quatre entreprises touristiques, dont un camping géré par la communauté. Le lodge le plus récent, une coentreprise de neuf chambres, a ouvert en juin 2021. Soixante pour cent de ses 34 employés viennent de la conservancy, et le lodge soutient notamment les salaires des rhino rangers, des points d'eau pour les éléphants et un potager villageois.
La pandémie a aussi révélé la faiblesse du système. Quand le tourisme international s'est arrêté, une grande partie des revenus a disparu avec lui. Depuis, les conservancies cherchent délibérément à diversifier leurs sources de revenus.
Selon le rapport annuel 2023, les effectifs de la faune ont augmenté depuis 1990, même si la sécheresse a entraîné des baisses récentes dans le nord-ouest. D'après les recensements aériens, la population d'éléphants de Namibie est passée d'environ 7 600 en 1995 à environ 23 600 en 2016.
Pour le rhinocéros noir, le bilan est remarquable. La Namibie abrite la plus grande population de rhinocéros noirs en liberté au monde. En 2023, 69 rhinocéros ont été braconnés dans le pays, contre 97 en 2022, mais aucun dans les conservancies. Des rhino rangers issus des communautés suivent les animaux. À Doro !nawas, un lodge contribue à leurs salaires.
Pour les lions, la situation est plus difficile. Entre novembre 2022 et janvier 2023, le ministère a mené le premier recensement systématique des lions en liberté du nord-ouest, avec les lion rangers, le Namibian Lion Trust et l'ONG IRDNC. L'aire principale, d'environ 40 000 kilomètres carrés, englobe onze conservancies, dont Torra et Doro !nawas. Les équipes ont dénombré 57 à 60 lions adultes et 14 lionceaux.
C'est moins que lors des estimations précédentes. La cause principale tient aux proies, dont le nombre a chuté de 53 à 85 % après des années de sécheresse. Avec moins de proies, les lions s'attaquent plus souvent au bétail, et les conflits avec les éleveurs sont la première cause de mortalité des lions dans la région. Certaines troupes sont même allées chercher leur nourriture sur la côte.
Vivre avec des lions, des éléphants et des léopards coûte du bétail et des récoltes aux fermiers. Certaines conservancies réservent donc une partie de leurs revenus à leur propre dispositif d'indemnisation des dégâts causés par la faune. Le modèle ne met pas fin à ce conflit, mais il donne aussi à ceux qui en supportent le coût une part des bénéfices.
Séjourner dans un lodge ou un camp situé dans une conservancy, c'est se trouver au cœur de ce modèle. Une partie de ce que rapporte votre séjour revient à la conservancy sous forme de redevance, et une bonne partie du personnel vient souvent de la région. Vous partagez le paysage avec ceux qui le gèrent. Le bétail et les bergers en font partie autant que la faune sauvage.
N'hésitez pas à demander comment votre lodge est lié à la conservancy. S'agit-il d'une coentreprise, d'une entreprise communautaire ou d'un lodge privé sur une concession ? La réponse en dit long sur la destination de votre contribution. Et prenez le temps de ce qui distingue une conservancy d'un parc : une marche avec quelqu'un qui connaît le territoire, ou une matinée à la recherche des rhinocéros avec une structure qui emmène les visiteurs, comme celle qui existe à Torra.
En voyageant ainsi, on comprend qu'en Namibie, la protection de la nature n'est pas une affaire de clôture et de billet d'entrée. C'est un accord entre des hommes et des animaux qui doivent vivre sur la même terre aride.
Un territoire autogéré sur des terres communales où, depuis une réforme de 1996, les habitants ont des droits sur la faune et peuvent organiser tourisme et chasse. Chaque conservancy a des statuts, un comité de gestion élu et un plan de répartition des bénéfices.
Fin 2023, il y en avait 86, couvrant 20,2 % du pays, avec environ 244 600 habitants. Les quatre premières ont été enregistrées en 1998.
Surtout grâce au tourisme, par des coentreprises avec des lodges, et grâce à la chasse, qui fournit aussi de la viande. S'y ajoutent l'artisanat, les produits végétaux et les emplois de garde-faune ou de ranger.
Pas en 2023. La Namibie a recensé 69 rhinocéros braconnés cette année-là, mais selon le rapport sur la conservation communautaire, aucun dans une conservancy. Le pays abrite la plus grande population de rhinocéros noirs en liberté au monde.
Oui, si votre lodge a un accord avec la conservancy. En 2023, le tourisme a représenté environ deux tiers des revenus et avantages des conservancies, via des redevances, des salaires et le soutien à des projets. Demandez comment votre lodge est lié à la communauté.
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Mise à jour en octobre 2026